Visite des cressonnières de Marek

Dimanche 12 avril 2026, nous, amapiens peu nombreux mais motivés, avons retrouvé Marek Musz sur son stand de la fête du cresson de D’Huison-Longueville. Il nous a ensuite emmenés, accompagné de sa famille, dans ses cressonnières les plus proches (conventionnelles, pas bio). Celles qui nous fournissent et qui sont en bio étant trop éloignées pour y aller à pied.

jeune cresson

Nous avons pu voir plusieurs parcelles – appelés fossés - à différents stades, du semis à la dernière coupe. Ces fossés font 2 à 3 m de large pour une longueur de 50 à 70 m. Nous avons vu comment l’eau de la source voisine, qui assure une qualité optimum de l’eau, circule dans un coulis de charge puis dessert chaque fossé de culture par des goulottes et repart ensuite vers la rivière, l’Essonne , par un coulis de décharge. La qualité de l’eau en fin de circuit est contrôlée deux fois par an. Nous avons été un peu surpris de la profondeur des fossés environ 50 cm et de la hauteur de tige du cresson.

Aujourd’hui la récolte se fait debout en bottes dans l’eau, autrefois, elle se faisait à genoux sur une planche : encore plus pénible. La récolte se fait en un seul mouvement : une main attrape le nombre de pieds nécessaires pour une botte, l’autre main coupe les tiges et lie directement la botte avec le lien. En moyenne 4 000 bottes sont prélevées sur 20 ares. Les bottes bio et non bio sont majoritairement vendues à Rungis. Le bio semble repartir après la chute de l’après Covid.

visite cresson Marek

En bio ou en conventionnel, le cresson bénéficie d’un apport d’engrais à raison de 5 kg par fossé. La plante pousse assez facilement mais il y a quelques précautions à prendre. L’hiver, les risques de gel sont anticipés par la pose d’un voile. Les -15°C de janvier dernier ont été, malgré le voile, fatals à la récolte. Autrefois, les cressonniers utilisaient un rouleau qui poussaient le cresson dans l’eau pour le protéger du gel. Il y aussi besoin de clôture pour éviter les sangliers. Et le cresson a une autre bête noire : l’altise ou puce de terre. En bio, Marek utilise les traitements autorisés , savon noir et purin d’ortie, un peu moins efficaces que les produits chimiques. En conventionnel 2 traitements sont réalisés chaque année. En fin de saison, avant le nettoyage des fossés, il récolte ses graines. Celles-ci sont très petites. Il faut les faire sécher et les mélanger à du sable pour pouvoir les semer.

Pour nettoyer les fossés, il y a 2 techniques , le désherbant en conventionnel et la pause d’une bâche en bio pour détruire par la chaleur les vieux plants. Enfin Ecocert pratique un contrôle par an et parfois un autre contrôle impromptu.

cressonnière

Marek dispose de la plus grande surface de culture du Parc du Gâtinais : 1 ha soit une quarantaine de fossés. Il reste deux cressonniers à D’Huison-Longueville et 6 ou 7 dans les communes environnantes. Certains fossés sont abandonnés mais tant que D’Huison-Longueville maintient sa fête du cresson, l’espoir est permis !?

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