Visite des fermes Jeauneau et Cirou - 26 Avril 2025

Visite des fermes du Perche et rencontre avec les producteurs, puis dîner convivial

Samedi 26 Avril 2025, nous sommes une cinquantaine de curieux, dont une bonne dizaine d’adhérents de notre AMAP, à nous retrouver dans le Perche. Les fermes Jeanneau et Cirou s’organisent depuis toujours pour ouvrir ensemble leurs portes à leurs clients en circuit court. C’est une journée exceptionnelle, une occasion pour nous de découvrir les multiples facettes de leur métier et aussi de leur restituer un peu de reconnaissance pour tous ces efforts fournis, contre vents et marées (ie contre pesticides et pratiques délétères), pour produire des viandes de qualité dans le respect du bien-être des animaux.

La visite commence à la ferme des Hayes de Barville (EARL La Fuye, Les Etilleux), avec un pot d’accueil au jus de pomme / chanvre local. Jean-Edouard Jeauneau est passionné et n’a pas sa langue dans sa poche ! C’est un régal de l’écouter et le questionner !
Il nous explique comment la filière viande bio souffre de l’idée qu’il ne faut pas manger de viande car c’est mauvais pour l’environnement : les impacts en termes d’émissions de gaz à effet de serre et de consommation en eau sont radicalement différents entre le boeuf d’élevage industriel intensif, nourri au soja importé du brésil et élevé en usine, et le boeuf d’élevage artisanal comme le sien.

visite Jeauneau

Ici, les vaches gambadent dans les prés 8 mois sur 12 (et quand je dis gambadent, c’est vraiment le cas : je n’avais jamais vu des vaches courir dans un pré avec autant d’aisance et de plaisir !), et le reste du temps elles mangent le foin produit, séché et stocké localement, complété de céréales cultivées aussi sur la ferme. Donc zéro engrais, zéro pesticide, zéro transport et même quasiment zéro énergie car le foin est séché en botte sous le hangar grâce à un ingénieux système de double toiture et de panneaux solaires ! Quant à la consommation d’eau, selon ses calculs, elle ne dépasse pas 150 litres/kg (vs 15000l/kg dans les élevages industriels où une partie de la consommation d’eau est due au soja importé), l’eau des toitures est récupérée et stockée dans des mares.
Nous avons pu admirer les vaches et leurs petits veaux courir dans les prés, mais aussi les 3 impressionnants taureaux du cheptel, de race Angus rouge. En tout ce sont une centaine de bêtes qui sont élevées dans ce cadre vallonné et verdoyant. Chaque animal nécessite environ 1 hectare pour son alimentation, la ferme exploite 110 hectares et produit environ 10 tonnes de compost par hectare par an.

Jean-Edouard nous explique aussi que le coût de l’abattage, du transport et de la découpe est très élevé et qu’il aimerait trouver un associé boucher paysan. Trois personnes travaillent actuellement sur la ferme, jusqu’à 18h par jour en été. Il faudrait pouvoir embaucher, ce qui suppose d’augmenter un peu le revenu, donc le prix de vente. La totalité de la production était jusqu’à présent distribuée en circuit court mais la question devient critique avec la baisse de la demande... Sommes-nous prêts à payer un peu plus cher cette viande de qualité pour permettre à cette très belle ferme de poursuivre dignement son activité ?

Nous rejoignons ensuite le Gaec de la Ferme à Brunelles, à une dizaine de kilomètres des Etilleux, où Thomas et Romain Cirou nous attendent avec Françoise, leur maman, que nous croisions aux distributions jusqu’en 2023 et qui reste en support sur la ferme.
Thomas nous présente d’abord le nouveau laboratoire de transformation où sont fabriquées, pressées et séchées les pâtes à partir de la farine de blé dur produite sur la ferme. C’est Jennifer qui, avec un contrat de 10 heures par semaine, s’occupe de ces opérations. C’est dans ce même laboratoire que l’huile (de colza et de tournesol) est filtrée.
Nous nous déplaçons ensuite vers le hangar où se trouve le moulin : c’est un moulin à petites meules qui ne chauffe pas la farine et lui garde donc toutes ses qualités gustatives et nutritionnelles ; en revanche ce moulin a un très faible rendement et ne permet de moudre que 10 kilos de farine par heure. Thomas aimerait pouvoir acheter un 2ème moulin pour augmenter la capacité de mouture de la farine. La farine de blé tendre sert pour la boulangerie tandis que le son est donné aux cochons. La farine de blé dur donne de la semoule et des pâtes.

moulin et Thomas Cirou

Un autre hangar abrite la presse à graines de tournesol. L’huile de tournesol est obtenue par pression à froid, ce qui exige une température minimale et ne peut donc se faire en hiver. Cette presse est très archaïque et a un très faible rendement : il faut 10 jours de pressage pour remplir une cuve de 1000 litres, à raison de 3 kilos de graines pour 1 litre d’huile. L’huile est ensuite mise en décantation puis filtrage, il n’y a pas besoin de raffinage.
Nous rejoignons ensuite Romain qui nous présente ses brebis en train de paître sereinement dans le verger de pommiers. L’image est magnifique ! En tout ce sont 300 brebis berrichonnes et 10 béliers qui constituent le cheptel de la ferme. Une brebis donne naissance en moyenne à 1,5 agneau par an, il faut compléter leur alimentation avec des minéraux et des vitamines.

mouton et verger cirou

Romain a fait construire 2 grandes et belles bergeries lorsqu’il s’est installé sur la ferme : elles sont très aérées et lumineuses, avec une allée centrale où il distribue le foin et le grain de part et d’autre. Les brebis demandent beaucoup de soin, ce sont des animaux fragiles : certaines mangent trop d’herbe et peuvent développer des bactéries qui les tuent. Cette année il y a eu aussi des problèmes de toxoplasmose qui ont provoqué beaucoup d’avortements. Les brebis constituent l’activité la moins rentable pour la ferme, mais pas celle qui demande le moins de travail !

bergerie cirou

Nous finissons la visite par l’enclos des cochons. Ils sont tous roses, certains avec quelques tâches noires. Ils courent dans tous les sens et se cachent sous la paille, prennent peur quand on approche puis reviennent, curieux, voir qui est là... Chaque compartiment accueille une dizaine de cochons du même âge, pourtant dans un même compartiment certains sont plus gros que d’autres, ce sont les plus gourmands qui parviennent à prendre les meilleures places lorsque la nourriture arrive. Les 15 premiers jours, les cochons sont nourris avec des aliments achetés puis ils ne consomment que les aliments de la ferme pendant environ 8 mois. En 6 mois ils passent d’environ 12 kg à 300 kg ! Ici on ne leur coupe pas les dents ni la queue, il n’y a pas de souffrance inutile !

espace cochons Cirou
visite ferme cirou

Après ces visites très enrichissantes, nous passons aux dégustations et partageons un repas bien animé et bien sympathique ! Emilie nous a préparé un apéritif au pommeau dont il ne faut pas abuser, elle nous régale également de boudin grillé au barbecue. Jean-Edouard nous sert et ressert un succulent boeuf bourguignon tandis que les frères Cirou font passer les chipolatas et merguez grillées... Que du bon pour conclure cette magnifique journée !
Mille mercis et bravos à nos producteurs bio du Perche !

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